À dix-huit ans…

Extrait du livre Le jeu du bonheur a commencé comme ça

« A dix-huit ans, on se retrouve face à un monde infini de possibilités. Les filières se multiplient, les métiers défilent comme une liste interminable de choix et d’opportunités. Chaque ville, chaque projet promet une autre vie. C’est grisant, cette sensation de pouvoir tout faire, d’être au bord d’un océan sans limite prêt à être exploré. Mais c’est aussi terrifiant, car cet océan n’a ni carte ni boussole pour guider ceux qui ne savent pas encore qui ils sont. Pour ceux qui n’ont pas de vocation claire, pas de rêve brûlant, c’est une traversée à l’aveugle où l’on espère simplement ne pas se perdre en chemin. Cet éventail illimité de choix devient un labyrinthe oppressant. On se sent perdu, ballotté par les vagues des attentes des autres, des pressions de la société, et même de ses propres doutes. Chaque option ouverte est une porte fermée sur une autre chose. Chaque choix ressemble à un pari. Le poids des décisions à prendre rend l’avenir flou, incertain, presque inaccessible. On voudrait avancer, mais comment naviguer sans étoile polaire, sans cette petite flamme intérieure qui guide et donne du sens ? »

Il y a quelques jours, je lisais Le jeu du bonheur quand je suis tombée sur ce passage. Je l’ai relu deux fois. 

J’ai pensé immédiatement à eux. À tous ces ados que je reçois, intelligents, sensibles, pleins d’envies floues, qui regardent cet océan de possibilités et ne savent pas par où nager. Pas parce qu’ils manquent de quelque chose. Parce qu’on leur a appris à accumuler des connaissances, pas à se connaître.

On leur demande de choisir leur avenir avant de savoir qui ils sont.

Et ça, c’est la source de presque toutes les souffrances que je rencontre autour de l’orientation. L’ado qui s’engage dans une filière pour faire plaisir. Celui qui choisit « ce qui recrute » parce qu’il n’a aucune autre boussole. Celui qui abandonne en cours de route parce que la direction n’était pas la sienne.

C’est exactement pour ça que je suis devenue développeuse de potentiel humain.

Pas pour donner des réponses toutes faites.
Pas pour orienter vers ce que la société valorise.
Mais pour aider chaque ado à trouver sa propre étoile polaire, cette flamme intérieure dont parle l’auteur, qui guide et donne du sens.

Mon guide d’orientation scolaire est né de cette conviction.

Qu’un ado qui se connaît vraiment ses talents, ses valeurs, ce qui l’anime, n’est plus perdu face à l’océan. Il sait où il veut aller. Et il sait pourquoi.

Ce n’est pas un guide qui donne des listes de métiers.
C’est un guide qui donne une méthode pour se découvrir et construire une direction qui lui ressemble.

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